Le 5 juin 2026, le photovoltaïque des particuliers a changé de monde. La prime à l'autoconsommation, qui finançait une partie de l'installation, a disparu ; le tarif de rachat du surplus est tombé à 1,1 centime le kilowattheure. Pour qui envisage des panneaux, ce n'est pas la fin du sujet — c'est la fin d'une façon de le vendre. Voici ce qui reste, chiffres à l'appui.
Ce que l'arrêté du 1er juin 2026 a supprimé
L'arrêté du 1er juin 2026, publié au Journal officiel le 4 juin, modifie l'arrêté tarifaire du 6 octobre 2021 qui encadrait l'achat de l'électricité photovoltaïque des petites installations. Deux changements, tous deux applicables aux demandes complètes de raccordement déposées à partir du 5 juin 2026 :
- La prime à l'investissement — « prime à l'autoconsommation » dans le langage courant, 80 € par kWc au premier trimestre 2026 pour une installation de 9 kWc au plus — n'existe plus.
- Le tarif d'achat de l'électricité injectée est unifié à 1,1 c€/kWh hors TVA, que l'on vende son surplus ou la totalité de sa production, sur un contrat de 20 ans indexé de 2 % par an. Avant, le surplus d'une installation de 9 kWc au plus était racheté 12,69 c€/kWh.
Ce que ce changement veut dire pour vous
Onze fois moins pour le surplus : produire plus que ce que l'on consomme ne rapporte plus rien. Une installation ne se rentabilise désormais que par l'électricité qu'elle évite d'acheter — à 0,20 €/kWh au tarif réglementé d'août 2026. Trois conséquences pratiques :
- Dimensionner juste. La puissance qui couvre votre consommation diurne, pas celle qui remplit le toit. Pour une maison, 3 à 6 kWc suffisent le plus souvent.
- Déplacer ses consommations. Chauffe-eau, lave-linge, recharge du véhicule, piscine : programmés aux heures de soleil, ils font passer le taux d'autoconsommation de 35 % à 60 % ou plus.
- Se méfier des chiffres d'avant. Toute simulation qui compte encore une prime ou un rachat à 12 centimes surestime votre gain d'un tiers au moins.
Ce qui reste : la TVA à 5,5 %
Depuis le 1er octobre 2025, une installation de 9 kWc au plus sur un logement achevé depuis plus de deux ans peut être facturée avec une TVA à 5,5 % au lieu de 20 %, soit environ 14 % d'économie sur le prix TTC. Trois conditions, cumulatives :
- une entreprise qualifiée au sens de l'arrêté du 8 septembre 2025 (QualiPV ou équivalent, en cours de validité) ;
- des modules certifiés : bilan carbone inférieur à 530 kgCO₂ par kWc, teneurs en plomb, cadmium et argent plafonnées — la liste des modèles éligibles est tenue par Certisolis ;
- un gestionnaire d'énergie qui mesure production et consommation et pilote automatiquement au moins deux usages électriques en fonction du soleil, sans intervention de votre part.
Manque une seule condition, et c'est 20 %. Le taux intermédiaire de 10 %, qui s'appliquait aux petites installations, a disparu au 31 décembre 2025. Notre guide de la TVA à 5,5 % détaille chaque condition et les pièges de devis.
Ce qui n'a jamais existé pour le photovoltaïque
Ni MaPrimeRénov', ni les primes CEE ne financent des panneaux photovoltaïques — elles ne l'ont jamais fait, contrairement à ce que laissent entendre certains démarcheurs qui empruntent le vocabulaire de la rénovation énergétique. L'éco-PTZ ne le couvre pas non plus en action seule. Restent d'éventuelles aides locales (région, métropole, commune), variables et à vérifier auprès de votre Espace Conseil France Rénov'.
Estimez vos économies en 2 minutes
Production, économie annuelle et TVA : un calcul personnalisé, gratuit et sans engagement.
Lancer le simulateur